Wild Raven Adventure

Dimanche le 21 mai au mercredi le 7 juin 2017 - Fort Qu’Appelle (SK) à Brandon (MB)

Vous connaissez les expressions “le monde est petit” et “jamais deux sans trois”? Et bien, ces expressions se sont avérées vraie encore une fois. Nous avons rencontré Jill pour une troisième fois en un an. Nous l’avions rencontré une première fois à Sturgeon Landing en Saskatchewan l’an dernier, puis à l’école de Loreburn quelques semaines plus tôt et puis ici. Elle était surprise de nous voir à Fort Qu’Appelle. Elle est venue nous voir au terrain de camping, accompagnée par son mari. Grâce à Jill, nous avons pu rencontrer son père Jerry qui a pris le temps de faire visiter la pisciculture pour laquelle il a travaillé durant plus de 37 ans et montrer ses canots de cèdre (de vrais oeuvres d’art qui a fabriqué lui-même). À la pisciculture de Fort Qu’Appelle, il y a trois sortes de truites, soit arc-en-ciel, omble de fontaine et tigrée. Il y a aussi du doré. Cette pisciculture gouvernementale produit des alevins pour l’ensemble de la Saskatchewan. Tout le processus fut expliqué (il y a bien des étapes et des choses à considérer avant d’effectuer une relâche en nature. Le ferme produit annuellement un demi-million de truites et vingt millions de doré. Vous pouvez visiter le site web suivant pour de plus amples détails ou planifier une visite: http://www.tourismsaskatchewan.com/site-info/all-listings-and-packages/103146/fort-qu'appelle-fish-culture-station


Jerry nous a aussi montré un trophée bien particulier. Il s'agit du trophée de la course annuelle nommée Echo Lake Road Race. Cette course de 20 km existe depuis 1925. Tous les noms des gagnants sont gravés sur les plaques situées tout autour de la base de la coupe. Une pièce d’histoire importante pour la région. Depuis 1977, l’organisation de l’évènement a été reprise par le club Lions. Jerry est le président de cette course.


Le lundi 22 mai, nous sommes partis de Fort Qu’Appelle. Après avoir pagayé sur les deux lacs suivants Fort Qu’Appelle et avoir passé Lebret et Katepwa Beach, nous sommes arrivés à une digue. Nous avons dû portager. Il y avait beaucoup de gens qui pêchaient près de la digue et de la passe migratoire. Malgré les signes d’interdiction de pêche, les gens attrappaient de gros brochets, soit à la main, à l’arc ou avec une canne à pêche.


La remise à l’eau du canot n’aura pas été aussi plaisante qu’à d’autre occasion. Le peu d’eau qu’il y avait été noire. La vase sentait vraiment mauvaise. Et nous avons dû marcher dans la rivière longtemps avant de retrouver assez d’eau pour prendre place dans le canot (mais pas assez pour pagayer avec une pleine pagaie).


Le lendemain, nous avons marché plus que nous avons pagayé. Nous frottions le fond. Heureusement, le lit de la rivière était généralement constitué de sable de boue. Mais il y a aussi de la gravelle et des roches par endroits. Si ce n’était pas le manque d’eau qui nous ralentissait, c’était les fils barbelés qui traversaient la rivière ou les vaches avec leur veau qui traversaient la rivière.



Ce jour-là, nous avons été enchanté de voir beaucoup de coyotes et même un qui nageait. Nous avons vu un raton-laveur qui cherchait des moules et un castor qui se roulait sur le dos sur la berge. La rivière attire la faune et la faune rend la rivière dynamique. Tellement que Jasmine ne pu se retenir plus longtemps. Ses instincts primitifs la propulsa hors du canot. Elle était dans l’eau et nageait pour partir à la chasse. L’appel des castors était plus fort que la force de son mental. Elle a craquée. Et ce n’était qu’un début. À deux reprises elle a sauté hors du canot et a nagé jusqu’au rivage. C’était maintenant devenu un jeu auquel elle a joué jusqu’à notre arrivée à Brandon au Manitoba. Elle n’a toutefois jamais rien attrapé.


Le mercredi, nous avons décidé de rester au même endroit. Les rafales de vent dépassaient les 70 km/h et cela n’aurait rien donné d’essayer d’avancer. Nous campions à la bordure d’un champ où les vaches viennent brouter. Elles ne sont pas venus trop près de nous, sauf durant la nuit. Durant notre journée de repos, nous avons pris le temps d’observer la nature. Nous avons pu déterminer que les coyotes et les vaches cohabitent bien ensemble.



Jeudi le 25 mai, nous avons commencé à penser à des options en raison de ma blessure au genou. Il y a beaucoup de portages qui s’en viennent sur notre parcours et malheureusement, je ne crois pas être en mesure de faire de longs portages. Nous avons une route alternative pour une grande partie de l’Ontario (pour éviter les portages de la rivière des Français, de North Bay, de la Mattawa et de la rivière Outaouais). Mais il y en a le long portage qui s’en vient, soit celui pour se rendre jusqu’à Grand Portage (Minnesota) sur le lac Supérieur. C’est ce portage qui inquiète. Nous avons encore du temps devant nous, mais il faut commencer a y penser sérieusement.


Le vendredi fut une journée de patience et d’effort. Nous avons fait un nombre impressionnant de virages qui a la fin semblaient interminables. Nous avions hâte d’arriver à Crooked Lake. Heureusement, plus nous approchions du lac, plus il y avait de la profondeur sous le canot. Donc moins de marche et plus de pagayage. À l’entrée du lac par contre, nous avons dû faire de la trottinette dans une vase sans fond, afin de pouvoir gagner l’eau libre du lac. Nous sommes arrêtés en fin de journée au parc provincial. Nous avons donc pu prendre une bonne douche.


Du samedi 27 mai au mercredi le 31 mai, nous avons parcouru la dernière section de la rivière Qu’Appelle. Nous devons dire que ce fut notre section préférée. Il y avait plus de profondeur, l’eau était plus belle et il y avait moins de vaches qui venaient sur le bord de l’eau. Nous avons vu des tortues, des raton-laveurs, des castors, des rat musqués, des visons, des loutres, des chevreuils, des wapitis, des orignaux, des poissons, des hiboux (grand duc), des aigles royaux et à tête blanche, des faucons, des grands hérons, des bernaches bien sûr, des canards et des sarcelles, des pluviers et une panoplie d’oiseaux de toutes sortes. Nous avons pu camper sur un banc de sable deux nuits … et oui, du sable! Il y a eu aussi des épisodes de pluie et nous avons même dû couper court à une journée en raison d’un orage. Après Round Lake, le décor s’est mis à changer à nouveau. Il y avait des falaises de terre et un peu plus de relief. Les odeurs étaient différentes. Puis, nous avons trouvé un autre banc de sable rendant le montage du campement extrêment facile et confortable. Vider le canot devient une partie de plaisir.



Le 29 mai, nous avons fait notre plus grande journée certainement sur la rivière Qu’Appelle. Il ventait déjà beaucoup au petit matin (du nord) et il y avait un peu plus de courant. Nous avons passé deux chutes et plusieurs petits rapides. Ce fut dur sur le canot, mais nous avons couvert du terrain en plus de faire une escale à Tantallon (SK). Le pont sous lequel nous sommes arrêtés est celui du chemin principal. Il a été érigé en 1930. Les chemins sont en terre et tout est centralisé dans un même endroit (épicerie, poste, essence). Les bâtiments avaient de l’âge, tout comme les voitures. C’était comme un retour en arrière et dans le temps. Mais comme partout, les gens étaient sympathiques.


Sur notre carte, nous avons vu plusieurs noms francophones autour de nous. Il faudrait passer en revu l’histoire de la région pour donner explication à tous ces noms. Ils sont probablement apparu en raison de la traite des fourrures et des voyageurs.


Puis, nous avons passé près du lieu historique de Fort Espérance, situé près de Rocanville, en Saskatchewan. Cet endroit fut jadis un poste de traite de la North West Company. Il a été érigé en 1787 et il fut abandonné en 1819. L’endroit a été déplacé à trois reprises durant son histoire. Situé tout près, il y a eu un poste de traite de XY Company entre 1801-1805 et un autre de la Compagnie de la Baie d’Hudson entre 1813-1816. À cette époque, la région regorgeait de bison, source importante pour la fabrication du pemmican, lequel était transféré au Fort Bas de la Rivière situé à l’embouchure de la rivière Winnipeg.


Le 30 et 31 mai, nous avons vu quelque chose d’assez impressionnant et dégoûtant. Nous avons vu des milliards de chenilles dans l’eau, sur la terre, les roches, les arbres, les branches, … en fait tout ce sur quoi les chenilles pouvaient s’accrocher sur la terre et dans l’eau. On ne voyait même plus les branches et les roches. Elles étaient complètements recouvertes de ces bestioles. Nous avons appris plus tard que ces chenilles s’attaquent aux arbres et c’est pourquoi il y en a tant d’arbres morts en bordure de la rivière, mais aussi dans les collines surplombant la vallée. Nous avons dû choisir emplacement pour monter notre camp stratégiquement (afin d’éviter de faire nous aussi partie de l’infestation de chenilles). Nous avons lu que cette année est l’année la plus prolifique pour ces insectes (livrée des forêts). Voici un reportage en anglais de CBC à ce sujet, mis en ligne le 2 juin. L’histoire provient de St. Lazare, village situé à la jontion des rivières Assiniboine et Qu’Appelle: http://www.cbc.ca/news/canada/manitoba/st-lazare-manitoba-caterpillars-1.4141301



Enfin, le 31 mai à 3:33 heure locale, nous avons quittés la rivière Qu’Appelle et avons fait notre entrée sur la rivière Assiniboine (au Manitoba). Nos premiers constats furent que la rivière était plus claire (on pouvait voir nos pagaies), plus rapide, plus large et surtout qu’il y avait plus de beaux endroits pour arrêter (de longs bancs de sable).


Le mercredi 31 mai, nous avons vu un superbe wapiti. Il avait déjà un gros panache velouté. Nous avons réussi à le filmer un bon moment avant que Jasmine ne se mette à japper. Malheureusement, pas de photo à vous montrer. Juste un film qui sera disponible plus tard.


Le jour suivant et premier jour du mois de juin, nous avons eu un fort vent du sud et sud-est. Il nous rafraichissait, car il a fait chaud. Ce fut la première journée que nous troquions nos bottes de néoprène durant la journée pour nos Crocs. Le paysages changea graduellement. Il y avait plus d’arbres (sur la berge et dans l’eau). Il y avait moins de courant aussi. Nous sommes arrêtés à 18h00 à l’endroit où un pont saisonnier fut placé permettant aux gens d’utiliser un raccourci pour se rendre à Miniota (MB). L’eau passait tout juste sous le pont. Nous avons fait un portage. Nous avons rencontré sur ce pont Caroline et sa fille Brooke qui ont remplit une de nos poches de 10 litres d’eau et apporter des pois sucrés frais et des petites boules d’énergies faites maison (et tellement délicieuses). Parfaite collation pour récompenser nos 81 km de rivière parcouru durant la journée. La générosité et la gentillesse des manitobains ne changent pas. Bienvenue au Manitoba!


Le vendredi 2 juin fut une courte journée en raison d’un orage en après-midi. Il n’y avait pas beaucoup d’option où arrêter et celle que nous avons pris nous mena aux abords d’un champ de cultivateur. C’est toujours particulier dormir près d’un champ. Tandis que la noirceur s’installait graduellement, les animaux sortirent de la couverture des arbres et se promenèrent librement dans le grand étendu. Nous avons vu trois wapitis entre autre. Nous pouvions les voir depuis l’intérieur de notre tente.


Le 3 juin, nous avons profité d’un vent de l’ouest avec des rafales à 65 km/h. Nous avons eu le vent de face environ un tier de la journée (en raison des courbes de la rivière). Et le reste de la journée, le vent nous a aidé. Nous avons donc parcouru plus de 75 km de rivière. La journée fut très chaude et nous avons bu plus que nos rations normales quotidiennes. Nous avons donc commencé à penser à l’économie de l’eau et prévoir des repas qui demande moins d’eau. Il nous restait 100 km de rivière à parcourir avant d’arriver à Brandon. Et nous n’étions pas certain de pouvoir trouvé un ruisseau moins sédimenteux pour se refaire de l’eau.



Finalement, nous avons trouvé un ruisseau potentiel le lendemain vers 10h00. Nous avons rempli une poche de 10 litres et avons poursuivi notre journée. Les décors étaient très beaux. À certains endroits, on pouvait voir le vert des herbes de grands champs couper d’avec le jaune des champs cultivés. Nous sommes passés d’une région boisée à la plaine. La faune était toujours aussi abondante et diversifiée. Vers 17h00, nous avons trouvé un endroit où débarquer et monter notre tente. Les endroits se faisaient très rares et les bancs de sable étaient maintenant inexistants. Pieds nus dans la vase, j’ai vidé le canot alors que Pierre transportait les sacs sur le dessus de la butte. Ça faisait drôle de sentir la vase se glisser entre mes orteils. J’étais dans la vase jusqu’aux mollets. Puis, nous avons essayer d’étancher notre soif, car nous avions eu chaud. Ce n’est que vers 23h00 que la température a baissé.


Le lundi 5 juin, nous étions déjà assis dans le canot, pagaie à la main, à 6h30. Nous voulions profiter de la fraîche du matin pour avancer. Nous avions 55 km à couvrir pour se rendre à Brandon avec un vent de l’est. Nous avons vu le soleil se lever alors que nous ramassions le campement. Le soleil était orangé et ses rayons se rendaient timidement à nous au-travers une rangée d’arbre divisant deux champs.


Depuis notre arrivée sur l’Assiniboine, nous avons trouvé des reliques et vestiges de l’inondation de 2011. Des arbres sont encore pris sous les tabliers de ponts et à certains endroits dans les courbes, il y a des amoncellements de branches et d’arbres morts. À l’approche du pont de l’autoroute 1 (la transcanadienne), le courant a repris. Ce fut le retour des plages de sables et de gravelles et elles se sont multipliés en se rapprochant de Brandon. Nous sommes finalement arrêtés à Turtle Crossing Campground à Brandon. Nous avons été bien reçu par Mark (propriétaire) qui nous a d’ailleurs permis d’aller à l’épicerie le soir de notre arrivée. Le lendemain, nous avons dû louer une voiture chez Enterprise. Nous avons reçu un beau cadeau, car nous n’avons pas eu à payer le gaz. Merci à tous ces gens qui nous aide à poursuivre notre aventure!


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